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ЗАМЕЧАНИЯ НА ДВА МЕСТА ИЗ БРОШЮРЫ А. С ХОМЯКОВА В ОТВЕТ ЛОРАНСИ (1854)


Page 151, «La tendance dont nous sommes accuses est une tendance vers le protestantisme».
II eut ete plus exact sans doute de nous attribuer tout simplement un gout fort prononce pour le culte reform^ car tendance veut dire travail continu do la pensee, chose dont nous n'avons guere l'habitude.
Quant a nos sympathies pour ce culte rien ne le demontre mieux, je trouve, que le fait meme de la publication de ces pages interessantes sous le patronage de Tun des noms les plus veneres parmi les calvinistes. Done, on le voit, dispute de mots, rien de plus.
Page 16. «Le calvinisme1 puissant en Boheme, en Hon- gviel en Polognet en Lithuanier s'est arrcte non devant une race,, mais devant une croyanceж
Plut h Dieu qu'il en fut ainsil Nous eussions ete alors en possession de croyances serieuses, qui, tout en nous ouv- rant le ciel, nous eussent aussi dotes peut-etre de quelques- uns des biens de la terre, fruits directs du christianisme, que nous envions aujourd'hui aux autres peuples Chretiens. Malheureusement les choses se passerent tout autre- ment. Non, ce n'est point devant une croyance que s'ar- reta i'heresie lorsqu'elle vint s'etablir sur la limite du plus grand des pays orthodoxes, mais devant un despotisme oriental,; appuye sur un culte oriental, tout entier enferme dans ses rites steriles, et qui par cela seul ne pouvait s'ouv- rir a uno religion ennemie de tout appareil exterieur. Idee lui-meme,, le protestantisme s'arreta done cette fois toufi naturellement Ih ou finissait le regne de l'idee, ou commen- $ait celui du fait brutal et de la ceremonie; voila tout. Non„ ce n'est point non plus devant une croyance qu'il recula lorsqu'il arriva aux portes de la Grececonquise et opprimee, ce fut devant la haine que ce malheureux pays nourissaiC contre l'Occidentgt; haine bien meritee peut-etre,; mais qui ne suffisait pas moins pour repousser de son sol desol$ toute idee religieuse procedant de cette fatale region, de quelque forme n'importe qu'elle se trouva d'ailleurs re- vetue, Ajoutons h cela que l'epoque de la reforme соїпсі- dait de la plus grande puissance des Ottomans sous Soliman le Grandj, alors que le croissant triomphant allait s'abattro замечания на два места из брошюры а. с. хомякова... 311
Sur Belgrade et enlevait 1'їіе de Rhodes к ses fameux chevaliers; que les Grecs avaient done toute autre chose amp; faire en ce moment qu'amp; s'occuper de nouveautes religieu- ses; or, on le sait, c'est a leur premiere apparition que ces sortes d'idees exergent ordinairement le plus d'influence sur les esprits.
Que dirai-je des autres provinces de la communion orien- tale? Le moyen de dechiffrer quelque chose dans ce fouillis de tribus a demi barbares, passant d'un sceptre к un autrei; les unes clemeurees fideles au culte de leur peres, d'autres, embrassant rislamismea d'autres encore se refugiant au sein de Teglise romaine, toujours dans la crainte apparam- ment des seductions de Luther et de Calvin.
On se demande enfin comment le savant et spirituel critique ne s'est-il pas apergu, que — revoltee avant tout contre le pouvoir des papes et les abus de 1'Eglise Romaine, l'heresie protestante n'avait evidemment rien к faire dans les pays du culte oriental? Je vous l'avoue, j^ai beau fouil- ler dans tous les replis de mon intelligence, je n'y trouve qu'une seule reponse a cette question, et celle-lamp; il m'en couterait trop de l'articuler franchement, car elle ne por- terait sur toute cette brave nation qu'un sentiment exagere de nationality exclusive s'efforce avec trop de succes, he- las! de detourner de ses voies naturelles et legitimes.
Un mot encore. II est bien vrai apres tout, comme vous le pretendez, que le protestantisme vint mourir aux confins du monde orLhodoxe? Que sont, je vous prie, nos Духоборцы, sinon des protfetants et de la pire espece encore; de celle que vous considerez avec raison comme ne conte- nant plus qu'une ombre du Christianisme? Et ignores- vous done que cette secte, toute imbue de ce rationalisme qui constitue selon vous le trait distinctif des communions de l'Occident, fut introduite en Russie par des Anabaptis- tes ou des freres Moraves venus d'Allemagne? La verite est, quoique Vous en disiez, que le protestantisme avait penetre plus d'une fois en Russie sous differentes formes; qu'il s'y trouva en presence de cette odieuse et absurde persecution qui transforme nos propres dissidents, gens trfcs inoffensifs dans l'origine, en ennemis de l'ordre public; que for^c lui fut done de rebrousser chemin devant un pouvoir temporel forme к l'ecole des Mongols et seconde par un pouvoir religieux tout aussi jaloux que lui de profiter de ce funeste heritage.
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Источник: П.Я.ЧААДАЕВ. Полное собрание сочинений и избранные письма. Том1 Издательство  Наука  Москва 1991. 1991

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